QUATORZE LOGEMENTS SOCIAUX

Le maître d’ouvrage est un bailleur social dont la mission principale est la résorption de l’habitat insalubre parisien. L’opération de quatorze logements répartis sur deux parcelles différentes, entre la rue et le passage du Mont-Cenis à proximité de la porte de Clignancourt, ajoute à ces objectifs d’amélioration des conditions de logement des problématiques d’économie énergétique et de maîtrise du confort d’été. Si l’intégration de préoccupations écologiques peut sembler aller de soi aujourd’hui, tel n’était pas le cas jusqu’à une période très récente que l’on peut estimer à moins d’une dizaine d’années. La nécessité d’intégrer les procédés d’éco-construction dès les phases de conception avait été soulignée par l’actualité : les études débutèrent en effet peu de temps après la canicule de l’été 2003 qui avait causé plus de 15 000 décès sur le territoire français et mis en avant les questions de rafraîchissement. Construits simultanément, les deux bâtiments font donc figure de prototype mettant en œuvre des solutions inédites et explorent de nouveaux champs, tant sur le plan des technologies que sur celui des objectifs fixés. Ainsi, chaque logement bénéficie de prises d’air opposées pour faciliter l’aération et d’un prolongement extérieur.

Jean-François Schmit a souhaité n’employer que des méthodes de construction sèche : la structure de l’immeuble est en ossature bois, (choix audacieux à l’époque surtout pour un immeuble de logement de quatre étages), les planchers sont une chape sèche faite du croisement de plusieurs plaques de plâtre. Les façades sont habillées d’un bardage alternant panneau de ciment et panneau de bois. L’utilisation d’un nouveau produit de revêtement en bois a permis de s’affranchir de la pose de baguettes en aluminium, protections anti-pluie qui auraient alourdi le calepinage de la façade. La pose d’un appareillage complémentaire – ventilation double flux, capteurs solaires – fut envisagée dès le départ du projet mais ajournée faute de moyens.

L’aspect expérimental de l’opération ne transforme pas pour autant les immeubles en manifeste. L’insertion prime et les deux immeubles s’inscrivent discrètement dans le paysage urbain. Le recours aux bardages induit une écriture contemporaine inscrite dans les gabarits traditionnels de la rue parisienne. Les épures et les tracés sont matérialisés ponctuellement par des structures en ossature bois. Le retrait vitré sur la façade de l’immeuble passage du Mont-Cenis dénote aussi d’une lecture approfondie du code de l’urbanisme. Il permettait d’ouvrir les vues frontales dans un passage très étroit et offrait simultanément des vues biaises dégageant le regard dans la profondeur de la rue. Si la mise en œuvre de dispositifs environnementaux n’a pu aller aussi loin que les concepteurs le souhaitaient – pour un ensemble de raisons tenant au budget de l’opération et à la nouveauté des procédés proposés, peu familiers aux entreprises françaises du bâtiment –, démonstration fut faite de la possibilité d’installer un chantier propre pour une construction environnementale, dans un contexte pas toujours favorable à la bonne installation de travaux. Le passage du Mont-Cenis, où furent construit huit des quatorze logements, ne dépasse pas les 3,70 mètres de largeur !

Lieu

rue et passage du Mont-Cenis à Paris 18e, France

Date

2010

Maìtre d'ouvrage

Siemp

Partenaires

Ingénierie studio, SNC Lavalin (BET TCE), Tribu (BE environnemental)

Surface

1 170 m2