QUARANTE SIX LOGEMENTS

Occupant les trois côtés d’une grande parcelle à la sortie de la ville de Sceaux, au sud de Paris, l’immeuble est un objet hybride, multiple. Le passant abordant l’opération par la rue Houdan ne trouvera pas de différence fondamentale avec les autres immeubles d’habitation bordant cette voie radiale pointée vers le centre ville. Prenant du recul, il sera sans doute plus surpris par les derniers étages qui semblent occupés par une surélévation sauvage, débridée. Finissant son tour, il pourra découvrir un long front bâti où se succèdent différents types de construction, plot, immeuble et maison individuelle, unifiés par un long soubassement, jouant sur le plein et le creux, les ruptures et la complémentarité d’échelle.

L’aspect démonstratif de l’architecture répond à une demande impérative de la mairie qui ne souhaitait céder son terrain à un promoteur privé qu’à condition qu’y soit réalisée une architecture exceptionnelle. L’emplacement, à la croisée d’une grande voie d’accès au centre ville et de la Méridienne verte – un parc construit en l’an 2000 sur le tracé du méridien de Paris qui traverse la France du nord au sud et qui borde la parcelle sur sa limite ouest – appelait une occupation forte. Le jeu formel est maximal à l’intersection des deux grands axes, d’autant plus visible que faisant face à un grand vide urbain. Le bâtiment assume son rôle d’« élément phare du paysage urbain». Les volumes libres posés en toiture évoquent, par leurs couleurs et leurs formes, les sculptures en acier patiné de Richard Serra. Une œuvre contemporaine monumentale, posée sur le socle d’un immeuble voulu plus neutre, dans une commune peu habituée aux grands gestes architecturaux : le dispositif a suscité de nombreuses discussions lors des réunions publiques organisées par la ville.

À la multiplicité des formes répond une multiplicité des typologies : on compte vingt-sept types d’appartement et une partie des logements est réservée à des bailleurs sociaux. Un restaurant doit s’installer dans le rez-de-chaussée de la rue Houdan. Plus qu’un immeuble, l’opération peut être vue comme un quartier en réduction. Elle possède sa place autour d’un cèdre qu’il fallait conserver, son allée – un chemin planté qui s’enfonce en profondeur dans la parcelle et dessert une partie des entrées de l’immeuble et la maison de ville calée au bout du terrain. La surface dévolue à l’ensemble peut au final paraître faible au regard du nombre de logements construits ce qui le place dans la catégorie des opérations denses, sur un marché où la référence reste la maison individuelle. La diversité et l’articulation des parcours contribuent à faire accepter la densité à une population que le mot même effraie. Une partie des habitants vient d’ailleurs d’ensembles pavillonnaires, finalement convaincue que l’on peut habiter en ville différemment.

Lieu

RUE GASTON LÉVY À SCEAUX, FRANCE

Date

2011

Maìtre d'ouvrage

Bouygues immobilier / Sceaux Habitat

Partenaires

Havim (développeur), SLG paysage

Surface

4700 m2