ENSEMBLE LOGISTIQUE DU TECHNOCENTRE RENAULT

Le Technocentre est un projet industriel exceptionnel. À une trentaine de kilomètres de Paris, sur un site de 150 hectares occupé en partie par un ancien aéroport, la société Renault a édifié une véritable cité de l’automobile, rassemblant en un lieu unique tous les services concernés par la mise au point de nouveaux véhicules. Inaugurée en 1998, cette cité qui représenta un investissement de 5,5 milliards de francs (840 millions d’euros), est l’aboutissement d’une politique architecturale volontariste : une façon d’exprimer l’identité de la firme et d’affirmer sa stratégie. Parfois qualifié d’incubateur d’architecture contemporaine, le Technocentre mobilisa des architectes que l’on retrouva ensuite dans le monde industriel, notamment à Air France. Outre Jean-François Schmit, on peut citer Valode & Pistre, Chaix & Morel, Jean-Paul Hamonic et d’autres qui figureront, quelques années après, parmi les agences occupant une place de premier plan dans la production architecturale française.

En 1992, Jean-François Schmit remporta le concours pour la construction de l’ensemble logistique du Technocentre. Le programme regroupait le magasin des pièces détachées, le service de la maintenance, les locaux syndicaux et le service du courrier. Le bâtiment se développe selon l’orientation nord-sud en quatre séquences distinctes – bureaux, ateliers, magasins, livraison/expédition – regroupées en « barrettes ». Également au nombre de quatre, ces barrettes sont accolées pour former l’ensemble. Ce jeu de répétition et de juxtaposition permettait l’extension ultérieure du bâtiment. Ainsi, la forme du bâtiment reflète sa fonction, les quatre séquences identifiables recoupant exactement les process et activités qu’elles abritent. Lors du concours, Jean-François Schmit expliqua le parti adopté par analogie avec les cartes mères utilisées dans les ordinateurs : à leur image, le bâtiment est un socle (une carte vierge) dont l’environnement immédiat est connecté à l’ensemble du site.

L’ensemble logistique prend cependant une tournure expressionniste, voire lyrique. Très présents, les bardages expriment les différentes parties du programme. L’installation de fenêtres, en bandes verticales ou horizontales, découpe les parois en surfaces valorisant d’autant le matériau de bardage. L’élément caractéristique du bâtiment reste la toiture, rythmée par une série de sheds se transformant éventuellement en auvents. Les ondulations ainsi créées, inspirées par l’estampe japonaise d’Hokusai La Grande Vague de Kanagawa, établissent la continuité de la composition et offrent une cinquième façade forte aux bureaux voisins.

La conception ne se limitait pas au bâtiment, mais fut étendue à ses abords. Le traitement paysager différencie les accès véhicule et personnel en jouant sur les différences d’échelle. Il prolonge la composition par juxtaposition en intercalant les accès piétons entre chaque barrette et en laissant monter des petits talus sur les allèges des bureaux au nord. Par son importance et ses caractéristiques techniques, l’ensemble logistique du Technocentre préfigure les bâtiments construits ultérieurement par Jean-François Schmit pour l’industrie aéronautique.

Lieu

Guyancourt, France

Date

1995

Maìtre d'ouvrage

RENAULT

Partenaires

Ingédia (BET TCE)

Surface

16 000 m2