ÉCOLE MATERNELLE ET ATELIERS MUNICIPAUX

La cité Michelet avait été construite dans les années 1960 à l’emplacement d’une ancienne usine à gaz. La forme urbaine de cette opération d’envergure, totalisant plus de 1 800 logements sociaux, est marquée par son époque et s’apparente par certains aspects à celle des « grands ensembles » issue des politiques de reconstruction d’après-guerre. Dix-sept tours s’y partagent un terrain planté, selon la logique de la ville moderne édifiée dans la verdure. La cité reste assez enclavée et encore difficile d’accès dans une partie reculée du 19e arrondissement de Paris. À l’instar des grands ensembles, elle connaît malheureusement de nombreux problèmes sociaux qui lui valent de figurer plus souvent qu’à son tour dans la rubrique faits divers des gazettes locales. Depuis 2000, elle est l’une des onze opérations de Grand projet de renouvellement urbain (GPRU), procédure destinée aux quartiers en difficulté dont le but est de juguler certains de leurs problèmes structurels. Parmi les propositions formulées par les équipes travaillant sur la restructuration du site, figure le retour sur rue des équipements implantés au cœur du vaste ensemble formé par la cité. La construction de l’école rue de Cambrai est symbolique de ce retour à la rue et à l’espace public. L’addition à ce programme d’un atelier municipal a permis de rentabiliser un foncier rare et cher à Paris, même dans l’Est de la capitale.

Le projet de Jean-François Schmit ne joue pas sur la différentiation des programmes : un grand parallélépipède en bois, long d’une centaine de mètres sur son plus grand côté, englobe l’école et les ateliers d’entretien. Ce volume unificateur permet d’alterner vide et plein en façade, sans que la continuité bâtie ne soit altérée, et permet l’intégration discrète des trois accès principaux – aux ateliers, à l’école et à sa cour de service. Au couronnement de l’édifice, une série de formes libres, des sheds, délimitent la partie réservée aux services techniques municipaux. Un geste expressionniste qui tempère la sagesse d’une architecture volontairement calme et sobre, visant à donner une image rassurante et protectrice de la puissance publique. L’utilisation d’un revêtement en bois apporte une note chaleureuse et dissonante dans un secteur plutôt dominé par le béton et le mal-être qu’on peut parfois associer à ces univers très marqués par la minéralité et la modernité.

L’école est le premier établissement parisien pouvant accueillir tous types de handicap, tant du côté du personnel que des élèves. Les salles de cours et salles communes s’articulent autour d’une grande cour intérieure, un univers introverti pour des raisons de sécurité (les élèves doivent être protégés des regards extérieurs). Lorsqu’elles ne peuvent prendre la lumière sur la cour ou sur la rue, les salles reçoivent un apport de lumière zénithale.

Lieu

Paris 19e, France

Date

2010

Maìtre d'ouvrage

ville de Paris

Partenaires

Ingénierie Studio, SNC Lavalin (BET TCE)

Surface

6 800 m2