ÉCOLE MATERNELLE DE CINQ CLASSES

La création du jardin d’école à l’emplacement d’anciennes friches ferroviaires a profondément modifié le paysage de la rue d’Aubervilliers. Elle a valorisé un front bâti faubourien interrompu ponctuellement par l’école maternelle dessinée par Jean-François Schmit, élément tranchant son dessin, ses matériaux et son gabarit sur l’unité des immeubles d’habitation relevant plus du registre de l’architecture dite ordinaire.

Lors de la construction du projet, la situation urbaine était fort différente. La requalification de ce quartier très dégradé de l’Est parisien débutait à peine. Face à la parcelle, des squats occupaient l’emplacement du parc. L’architecture de l’école, qui ne devait être qu’un établissement temporaire faisant office de relais dans l’attente de la construction de six classes, répondait à un contexte urbain dont on peine aujourd’hui à imaginer la dureté. L’école est d’ailleurs introvertie : son plan est organisé autour d’un vaste espace central sur lequel donnent toutes les classes. Les éléments saillants de la façade, caractérisés par leur revêtement en bois, instauraient un semblant d’ordre institutionnel, tout en mettant à distance la rue. Une cour à l’arrière de la parcelle achève cette création d’un nouvel univers tournant le dos à un milieu alors hostile.

Les techniques constructives utilisées sont celles de la filière sèche. La structure en acier, les murs-rideaux en aluminium, le bois en façade, l’absence de module répété donnent à cette construction provisoire un aspect pérenne, loin des assemblages d’« algeco » qui sont habituellement le lot des constructions temporaires. Toujours sur pied dans un environnement plus amène, l’école continue de remplir son rôle et assume sans faillir la mutation contextuelle.

Lieu

rue d’Aubervilliers à Paris 19e, France

Date

2002

Maìtre d'ouvrage

Marie-Christine Tran

Partenaires

Ingénierie Studio

Surface

1 100