CRÈCHES FÉLIX FAURE ET DE L’ESPÉRANCE

Crèche des villes, crèche des champs… L’opposition ville-campagne déjà mise en scène par Jean de La Fontaine a guidé le parti de ce projet dual. Sur une même parcelle du 15e arrondissement de Paris, deux crèches – la première municipale, la seconde associative – devaient être installées. Extension d’un bâtiment datant du début du xxe siècle, le nouveau bâtiment devait s’implanter en tenant compte des arbres existants qu’il fallait conserver. Un périmètre de préservation, défini par le plan d’occupation des sols, occupait la moitié du terrain. S’appuyant sur ces deux « objets trouvés » – le bâtiment et la verdure –, Jean-François Schmit a souhaité réaliser un ensemble cohérent, lisible, fonctionnel et plus confortable pour tous les usagers, qu’ils soient enfants ou adultes. L’extension, d’une taille imposante par rapport à l’existant, est placée dans deux volumes puissants et simples, sur l’arrière de la parcelle. Suivant un thème qui lui est cher, elle est traitée comme un meuble urbain. L’application d’un revêtement en bois sur les parallélépipèdes de l’extension leur confère un aspect chaleureux et un caractère ludique.

L’opposition urbain-rural se traduit aussi par un contraste rue-jardin, exprimé de manière volontairement emphatique. Sur l’avenue Félix-Faure, la crèche de l’Espérance conserve son originalité architecturale avec sa façade d’origine en meulière. Elle est en revanche débarrassée de ses extensions disgracieuses, remplacées par un nouveau volume, unique, relié en apparence au bâtiment neuf. Côté jardin, le nouvel édifice accueillant la crèche Félix-Faure bénéficie de trois façades, trois orientations multipliant les vues sur le cœur d’îlot. Les deux équipements partagent une entrée unique à laquelle on accède après avoir parcouru un cheminement qui traverse les parties vertes de la parcelle. Distance par rapport à la rue, mise à l’écart de l’univers urbain : ce parcours joue un rôle de filtre entre la ville et les crèches, développant un monde à part, spécifique à l’univers de l’enfance. Les superficies des deux équipements sont identiques et partagent certains locaux : le local à poussette, la buanderie et la cuisine. Une terrasse surplombant l’entrée fait communiquer les deux entités par le premier étage. Dans le bâtiment existant, la charpente a été conservée : elle est visible dans certaines salles de jeux, nourrissant l’imaginaire de ces enfants navigant entre rue et jardin.

Lieu

Paris 15e, France

Date

2007

Maìtre d'ouvrage

Ville de Paris

Partenaires

Ingénierie Studio, SNC Lavalin (BET TCE), SLG paysage