COLLÈGE JULES ROY

L’origine du projet est la modernisation d’un collège existant et la suppression de ses bâtiments de type « Pailleron ». Dans l’histoire de l’architecture scolaire, ces bâtiments en structure préfabriquée répandus aux quatre coins de l’hexagone dans les années 1960 pour pallier le manque de classe, restent tristement célèbres pour leur vulnérabilité aux incendies. Un exemplaire de ces édifices se trouve au nord-est de la parcelle, un vaste espace vert qui tutoie l’histoire. Le site est en terrasse sur une pente et domine, au sud, une vaste plaine qui fut le théâtre de la bataille de Crécy en 1346, où la France essuya une sévère défaite face aux archers anglais. En bas de la plaine, la terrasse fait face à une colline boisée, la forêt de Crécy, dotée de plusieurs arbres remarquables.

La première disposition prise par Jean-François Schmit fut de retourner l’axe de développement du collège et de rétablir comme direction majeure l’axe est-ouest. L’inversion permettait à la fois d’offrir des vues sur l’horizon, de profiter de l’apport calorifique offert par l’exposition au sud, de pouvoir se protéger plus facilement des rayons solaires bas et de proposer à la ville une image linéaire du collège attachée à la colline. La rupture d’échelle importante, constituée par cet équipement massif placé à la sortie de cette petite commune de 1 500 habitants, était ainsi atténuée.

Tous les bâtiments restructurés du collège sont reliés par une longue épine dorsale qui traverse le parc, espace restitué au public, pour finir dans la cour de l’établissement qui comprend des bâtiments neufs et des bâtiments réhabilités. La fragmentation de la construction anime ce parcours long de 200 mètres. L’installation des salles de musique et de dessin dans un pavillon indépendant, avant l’enceinte principale de l’établissement, permet la mutualisation des équipements et leur ouverture à un public extra-scolaire. Très fermé au sud, mais largement vitré au nord, ce pavillon qui reproduit dans son principe de fonctionnement les écoles en plein air des années 1930, s’ouvre directement sur le jardin. L’aménagement paysager en gradin fait de la classe de musique la scène de petit concert à ciel ouvert. À l’étage, la salle de dessin peut également fonctionner indépendamment des rythmes scolaires et dispose d’une grande terrasse. Elle peut accueillir des petites expositions tout au long de l’année. Lycées et collèges français ne sont effectivement occupés qu’un quart de l’année : leur ouverture ou leur mutualisation représente donc un enjeu à l’heure où l’on parle de développement durable.

Le modèle du collège est finalement celui du campus, où les bâtiments sont disposés dans un écrin végétal. Jean-François Schmit a tenu à travailler les liaisons de cet ensemble avec la ville. Outre l’allée, des escaliers relient le plateau du collège avec la rue en contrebas. Un socle en béton matricé marque l’assise du groupe scolaire, tandis que les bâtiments, recouverts de parements bois, apparaissent une fois encore comme des boîtes ouvragées, des meubles plus que des immeubles.

Lieu

Crécy-en-Ponthieu, France

Date

2003

Maìtre d'ouvrage

Conseil général de la Somme

Partenaires

GEC Ingénierie (BET TCE), Isabelle Schmit paysagiste

Surface

1 300 m2 (neuf) / 1 400 m2 (réhabilitation)