CENTRE DE MAINTENANCE POUR PETITS PORTEURS D’AIR FRANCE

« À Blagnac tes avions volent haut » chantait le toulousain Claude Nougaro. On pourrait ajouter qu’ils restent aussi au sol et occupent selon différents motifs le tarmac de l’aéroport occitan. Lieu d’assemblage des Airbus, Blagnac est aussi le site d’implantation du plus gros centre d’entretien des avions petits porteurs d’Air France. En septembre 2011, Jean-François Schmit s’est vu confier par la compagnie aérienne la construction de cet équipement imposant, long de 200 mètres et haut de 23 mètres ; sa halle est dimensionnée pour accueillir simultanément six avions. La vaste toiture ondulée suit le gabarit des avions et son profil est déduit de leur position « nose in ». En termes profanes, cela signifie que les appareils pénètrent le nez en avant dans la halle, plus haute au niveau des dérives – la queue des aéronefs. L’abaissement progressif de la toiture autorise la coexistence de deux échelles : celle, monumentale, de la machine avec celle, humaine, des espaces de bureaux et des ateliers. Elle assure également la transition entre l’univers des pistes et la ville.

La colonne vertébrale de cette composition n’est pourtant pas la halle, mais la rue intérieure centrale qui court d’ouest en est sur une largeur de 8 mètres. Artère vitale de l’ouvrage, elle irrigue et relie les différentes parties du programme, assurant la desserte entre la halle, les ateliers et les aires de stockage, sert de lieu d’échanges entre les différents personnels – les compagnons, les ingénieurs et l’administration du centre. Elle est traversée par une série de passerelles assurant la continuité des échanges aux niveaux supérieurs. Coordination des échelles, disposition fonctionnelle, facilitation des échanges à travers l’architecture : ces solutions ont été réutilisées sur des programmes similaires. Leur mise au point a nécessité un long travail de concertation avec les utilisateurs. Une recherche méticuleuse sur l’appropriation des espaces de travail a été réalisée. Il faut dire que l’implantation précédente du centre sur le site « historique » de Montaudran, complètement éclatée, était à l’opposé de notre projet et, en termes de fonctionnalité et de confort au travail, on pouvait faire mieux : la piste de l’Aéropostale qui a vu décoller Mermoz et Saint-Exupéry, traversait une route qu’il fallait fermer en cas de décollage ou d’atterrissage… Il a fallu longuement expliquer la qualité de la communication entre les compagnons et les ingénieurs dans notre hypothèse : l’homme au cœur du projet. La rue intérieure, l’accessibilité directe des locaux sociaux, le travail en lumière naturelle, ont été autant d’arguments décisifs aidant à l’appropriation du bâtiment.

La bonne compréhension du process a conduit à la réalisation de dispositifs inédits tels que la « boîte à nez », échancrure dans les plateformes d’intervention autorisant l’entretien d’avions ne pouvant initialement trouver place sous la nef. L’agrandissement de l’équipement a été pensé dès la conception : l’implantation du bâtiment prend en compte la prolongation de la rue intérieure suivant son axe principal.

Bien qu’elle ne détermine pas la composition, la halle reste, de par son ampleur, l’espace majeur du projet. Elle est éclairée naturellement par une série de lanterneaux, tantôt séparés, tantôt réunis. La charpente de la halle est démonstrative sans excès. La poutre maîtresse, longue de 200 mètres, repose aux extrémités de la halle et sur un poteau intermédiaire central en forme de Y. Les parties de couverture de moindres dimensions sont constituées de profilés métalliques standards cintrés alors que les grandes portées sont réalisées en tubes métalliques. L’aspect particulier des membrures signale ainsi à l’observateur les parties majeures de la structure.

Lieu

Aéroport de Toulouse-Blagnac, France

Date

2003

Maìtre d'ouvrage

Air France

Partenaires

Luc Tran Van, architecte associé, Ingénierie Studio (BET TCE), Cabinet Jaillet-Rouby (BET charpente métallique)

Surface

35 000