CENTRE DE MAINTENANCE POUR GROS PORTEURS DE CARGOLUX

Le hangar de Cargolux est exceptionnel à plus d’un titre : sa nef est l’une des rares pouvant contenir un Airbus A380 – le plus grand appareil commercial actuellement en service – et ses dimensions sont d’autant plus monumentales qu’il dispose de deux baies lui permettant d’abriter simultanément deux appareils pour des opérations de maintenance.

Son volume, un parallélépipède de 200 mètres de long sur 140 mètres de profondeur et 42 mètres de hauteur, émerge des forêts qui bordent le sud des pistes de l’aéroport du Findel, sur le plateau du Kirchberg. Il forme un signal visible depuis l’ensemble du pays.

Suivant le voeu commun de l’architecte et du client, le bâtiment se veut antidote à la «boîte à chaussure» et ce en dépit de l’aspect très fonctionnel de son programme. La gestion harmonieuse des différents flux – clients de l’entreprise, administration, magasins de pièces détachées, bureaux, ateliers, etc. – a été étudiée en détail. Le volume de la nef organise la composition. Jean-François Schmit l’a conçu comme une enveloppe extensible qui, à la manière du corps d’un insecte, serait constituée de segments de carapace s’encastrant les uns dans les autres. Ce parti pris a permis de gérer le saut d’échelle entre les deux éléments majeurs du programme : la halle d’entretien et le secteur des bureaux, reliés par une grande vague métallique déployée sur la façade sud. Élément d’articulation, elle contribue aussi à «humaniser» l’équipement, visible depuis les voies publiques qui bordent l’enceinte aéroportuaire.

L’administration et les ateliers communiquent visuellement et physiquement. Des circulations aboutissent au pied de la plateforme. Ces deux entités partagent ponctuellement des patios végétalisés amenant la lumière naturelle au sein d’un bâtiment épais. Un socle abrite les magasins de pièces qui bénéficient d’un accès direct à la halle et sont approvisionnés par une rue intérieure souterraine fonctionnant de manière autonome. La logique de séparation des flux est prise en compte dès l’entrée : visiteurs et employés accèdent au bâtiment directement au premier étage, en passant par un bâtiment annexe intégrant la chaufferie et le réfectoire. Ils atteignent l’accueil après avoir traversé une passerelle métallique vitrée, élément fort de la composition reprenant la thématique des passerelles d’embarquement voyageur des aéroports.

Le bâtiment répond également aux préoccupations de développement durable. Il a reçu une isolation renforcée jusque dans les immenses portes fermant le hangar. La pose de panneaux solaires photovoltaïques sur la façade principale est également prévue, mais a dû être différée pour des raisons budgétaires. Le centre de maintenance est construit principalement en acier. Structure et enveloppe ne sont pas séparées mais constituent un tout intégré : l’épaisseur des poutres a été mise à profit pour l’installation de sheds qui se retournent verticalement et forment de grandes ouïes participant au contreventement des parois verticales, tout en contribuant à l’illumination naturelle de l’espace et au confort acoustique, puisque leur position inclinée atténue la réverbération sonore dans le lieu de travail. À l’instar de nombre de bâtiments industriels dessinés par Jean-François Schmit, la structure est aussi un gril technique qui intègre des ponts roulants pour le transport de charges diverses, comme celui des moteurs. Un poteau en Y sépare les deux baies et recoupe la portée des poutres au milieu de la nef.

Le hangar de Cargolux a vocation à s’étendre : le schéma directeur imaginé par Jean-François Schmit autorise la construction d’une, voire deux baies supplémentaires. Ces extensions sont suspendues à la santé économique du secteur du fret aérien.

Lieu

Aéroport de Findel, Luxembourg

Date

2009

Maìtre d'ouvrage

Cargolux

Partenaires

Ingénierie Studio, SNC Lavalin (BET fluides et process), RFR (BET structure et façade)

Surface

34 000