Centre de conservation des archives de l’INA

Le site a pour vocation le stockage et la conservation des films sur acétate, archivés par l’Institut National d’Audiovisuel (INA). Moins inflammables que les pellicules de nitrate de cellulose qu’elles remplacent à partir des années 1930, les pellicules sur support acétate sont en revanche très sensibles à la chaleur et à l’humidité et se dégradent rapidement en dégageant de l’acide acétique si elles ne sont pas stockées dans une ambiance appropriée et stable.

Le rôle du bâtiment est réduit à celui d’une boîte opaque renfermant un air conditionné, parfaitement contrôlé en hygrométrie et température, (12 °C et 12 % d’hygrométrie) – un air exact, pourrait-on dire pour paraphraser Le Corbusier. Une série de sas permet le passage graduel des bobines de 12 à 18 °C pour les remettre à un opérateur chargé de leur traitement. Toutes les ouvertures sont bannies pour éviter les échauffements solaires.

L’écriture architecturale fait de nécessité vertu. L’adhésion à une logique ultra fonctionnaliste transforme un bâtiment incarnant le degré zéro de l’architecture en hangar expressionniste, volume scandé par une série d’épines recouvertes de bardage métallique. Ces émergences abritent la structure porteuse et les conduits des fluides assurant le traitement de l’air intérieur du bâtiment. Entre deux épines, on trouve les espaces de stockage dont les plafonds ont été abaissés pour limiter les volumes d’air à conditionner. La pose des bardages des murs suivant une ligne oblique prolonge ce jeu expressionniste. Un dispositif qui, avec des moyens réduits, contribue à anoblir ce qui ne devrait être qu’un simple entrepôt : le travail architectural signale de façon subtile la valeur des œuvres ici emmagasinées.

Lieu

Essarts-le-Roi, France

Date

2002

Maìtre d'ouvrage

Institut national de l’audiovisuel

Partenaires

GEC Ingénierie

Surface

2 100 m2