BASE de MAINTENANCE DE RÉACTEURS PIM2

PIM – derrière ce mystérieux acronyme (qui signifie pôle industriel moteurs) se cache la nouvelle base de maintenance de réacteurs construite par la direction immobilière d’Air France à Orly. C’est dans ce bâtiment que sont lavés, démontés et contrôlés les moteurs des avions appartenant à Air France, ou à d’autres compagnies qui utilisent ce service technique commercialisé par le transporteur aérien, au même titre que le transport de fret ou celui de passagers. Le plus gros des moteurs que l’installation peut accueillir, le GE 90, mesure 3,40 mètres de diamètre et pèse plus de 8 tonnes. La façade du bâtiment déploie une métaphore de l’envol : un corps métallique en bardage blanc dont la forme évoque la section d’une aile, flotte au-dessus d’une base en béton matricé noir symbolisant des rochers. Ces éléments telluriques sont enchâssés dans un talus engazonné qu’ils semblent perforer. Le plan masse présente la forme d’un grand volume carré sans fioriture.

 

Le nouveau bâtiment abrite un process de maintenance revu par les ingénieurs d’Air France qui imaginaient initialement la construction d’un bâtiment linéaire. Le passage à une volumétrie compacte a été suggéré par l’architecte après qu’il eut pris connaissance dans le détail des différentes étapes et procédures rencontrées lors de la maintenance d’un turbo-réacteur. En lieu et place du plan longitudinal, plus proche du modèle de la chaîne de production, Jean-François Schmit a mis en place une organisation pensée sur le modèle du garage : les moteurs démontés peuvent être traités dans différentes cellules de maintenance, en fonction des besoins et des avaries constatées. Une série de ponts roulants accrochés à la structure de la couverture permet le déplacement aisé des réacteurs ou de leurs parties d’un endroit à l’autre des zones d’atelier. L’organisation des postes de travail a été testée grandeur nature avec les futurs utilisateurs. Autant de dispositifs qui font que le bâtiment n’est pas un simple abri pour activités industrielles mais une partie intégrante du process qui s’y déroule.

Le PIM2, qui remplace le PIM1 devenu obsolète, se distingue de son prédécesseur par sa clarté. Diffusée par une série de sheds à travers la charpente métallique, ou par de grandes fenêtres en bande ménageant des vues sur l’extérieur, la lumière y est omniprésente. Comme sur d’autres bâtiments industriels conçus par Jean-François Schmit, des jeux de transparence mettent en communication les ateliers et les bureaux. Au PIM2, les deux éléments sont réunis par une rue intérieure agrémentée de plantations. Un lieu de sociabilité qui s’inscrit aussi dans le cadre d’une recherche d’optimisation des coûts de construction : large de 8 mètres, cette rue intérieure bordée de deux grandes fosses en pleine terre participe à la phyto-épuration de l’air et rappelle les plantations que l’architecte avait pu observer au-dessus des armoires des compagnons dans les anciens ateliers. D’un point de vue réglementaire, ce dispositif se substitue à une paroi coupe-feu pour un coût de construction similaire, mais une valeur d’usage non comparable.

Le recours aux énergies renouvelables, l’installation de capteurs solaires et d’autres systèmes HQE prenaient dans le cadre du PIM un sens particulier. La construction environnementale doit alléger le bilan carbone global d’Air France et compenser une partie des émissions de gaz à effet de serre des avions. Une contribution sans doute modeste, au regard de l’ampleur de la flotte de la compagnie, mais importante pour les usagers du bâtiment. La lumière naturelle apporte ainsi une amélioration tangible des conditions de travail : elle transforme l’usine en une cathédrale claire où s’effectuent les opérations les plus minutieuses dans un calme surprenant au sein d’une enceinte industrielle.

Lieu

Orly, France

Date

2010

Maìtre d'ouvrage

Air France

Partenaires

SNC Lavalin (BET TCE), Cabinet Jaillet-Rouby (BET charpente métallique), SLG paysage